Europe/Bruxelles, 6/7/2022
Le tyran Blaise Compaoré, en exil en Côte d’Ivoire depuis sa chute en 2014, est attendu à Ouagadougou dans quelques jours pour y rencontrer l’auteur et l’organisateur du putsch du 24 janvier 2022, Paul Henry Damiba.
Cette nouvelle confirme une fois de plus l’analyse pertinente des démocrates du Faso et de l’Afrique; selon laquelle, le coup d’État de Paul Henry Damiba a été encadré par des officiers français; que ce putsch ne remet pas en cause les fondements du néocolonialisme et ne peut donc réaliser aucune transformation politique, économique et sociale dans le pays. Incontestablement ce putsch n’est en réalité que le prolongement continu des différents coup de forces perpétrés par l’ancienne garde présidentielle RSP dans le but de briser le processus démocratique en cours dans le pays. Une démarche pour se venger de la raison de la rue qui a ébranlé leur pouvoir et main mise sur toutes les institutions du pays.
Indéniablement, toutes ces tentatives de forces couplées avec les questions sécuritaires, et la corruption au sein de l’appareil d’État ont fini par changé complètement le rapport de force au profit d’une fraction de l’armée avec à sa tête Paul Henry Damiba, un ancien du tristement célèbre du RSP de Gilbert DIENDERE.
Rappelons ici le mouvement populaire d’octobre 2014 suivi de la première tentative de putsch de DIENDERE en septembre 2015 pour permettre à l’ancien régime de reprendre, par le fer et dans le sang, un pouvoir perdu. Il a fallu une gigantesque mobilisation populaire pour arrêter et juger DIENDERE et ses hommes de mains.
Sous le vocable de dialogue et de réconciliation, l’objectif des officiers putschistes de janvier 2022 c’est de briser la montée des organisations populaires et de ramener au pouvoir, en toute impunité, Blaise Compaoré et son parti le CDP.
Bref, le Coup d’État de Damiba, la visite, il y a quelques jours, de Roch Marc Christian Kaboré et Jean-Baptiste Ouedrago à la présidence et en passant par l’annonce du retour médiatique de l’autocrate Blaise Compaoré ne sont en réalité que les deux faces de la même pièce dans le but de réconcilier les forces politiques réactionnaires ou un nouveau rapprochement entre le courant pro impérialiste face à la montée massive du mouvement populaire et anti-impérialiste au Burkina Faso.
Dans les conditions actuelles, ceux ou celles qui au Togo ont applaudi des deux mains les putschistes au Faso et actuellement piaffent d’impatience, en appelant les FAT, à renverser par un coup d’État militaire le clan Gnassingbe doivent s’asseoir pour réfléchir sérieusement sur la nature et le rôle des armées néocoloniales en Afrique. C’est ainsi qu’ils peuvent, en toute humilité, tirer les leçons sur le retour de Compaoré et sur l’expérience de la lutte au Burkina Faso.
En toutes circonstances, les patriotes et démocrates continuent de clamer haut et fort que ni le Coup d’État, ni la réconciliation entre les tenants de la dictature et les faux démocrates ne peuvent apporter un authentique changement démocratique dans notre pays et dans la sous-région.
Ce processus qui souvent est une démarche initiée de l’extérieur par l’impérialisme français avec ses valets de l’UA et de la CEDEAO. Ils sèment des illusions dangereuses; ils empêchent les peuples de la sous région à se mobiliser et à s’organiser d’une manière conséquente.
La rédaction
FM Togo Démocratie.
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